Les partenaires sociaux s'attaquent au stress au travail [ 07/04/08 ]
Trois ans et demi après l'élaboration par la Confédération européenne des syndicats et BusinessEurop d'un accord cadre sur le stress au travail, syndicats et patronat français ouvrent aujourd'hui le dossier sous la pression des pouvoirs publics. Avant de se retrouver, mercredi et jeudi, pour une ultime séance de négociation sur la représentativité syndicale et leur financement, les partenaires sociaux français se retrouvent ce matin pour ouvrir un nouveau dossier : celui du stress au travail. C'est l'un des rares sujets sur lesquels la Confédération européenne des syndicats et Business- Europ aient réussi à trouver un compromis. Mais patronat et syndicats français ont marqué peu d'empressement pour décliner en droit français l'accord-cadre d'octobre 2004, qui devait être transposé initialement dans les pays de l'Union dans les trois ans, sans que les pouvoirs publics hexagonaux y trouvent à redire. Un indicateur global Mais la médiatisation de la multiplication des suicides au travail dans l'industrie automobile, en particulier chez Renault et chez PSA, a remis le dossier sur le haut de la pile, pointant la responsabilité des nouvelles organisations du travail dans le phénomène. En octobre 2008, lors de la conférence sur les conditions de travail, Xavier Bertrand, ministre du Travail, a demandé au patronat et aux syndicats l'ouverture d'une négociation, alors que, prévue au départ le 13 novembre, celle-ci avait été repoussée à la suite de l'affaire de l'UIMM. La discussion qui démarre aujourd'hui devra prendre en compte les conclusions d'un rapport sur les risques psycho-sociaux commandé à l'occasion de cette conférence et qui a été remis au ministre le 12 mars. Il propose notamment la construction d'un indicateur global du stress professionnel en France d'ici à début 2009 sous l'égide de l'Insee et Xavier Bertrand a évoqué l'instauration d'une obligation de négocier dans les branches où son taux serait trop élevé. Il n'a en outre pas exclu à terme la mise en place d'un système de bonus-malus en fonction des politiques de gestion du stress mises en place par les entreprises, au grand dam du patronat. Le Bureau international du travail évalue jusqu'à 3 % à 4 % du PIB des pays industrialisés le coût économique du stress (en arrêts maladie, médicaments, perte de productivité...), soit pour la France « quelque 60 milliards d'euros », selon Xavier Bertrand et selon une étude de 2004 de l'assurance-maladie, il serait la cause d'un quart des arrêts de travail de deux à quatre mois.
Source "les Echos"
L. DE C. |