Tout policier peut se servir de son arme pour sa protection ou celle d’autrui, à condition que les cas de légitime défense soient patents.
Il faut avoir conscience que le policier réagit généralement très mal après un tir, même légitimé, et faire en sorte que celui-ci, qui n’a fait que son devoir en se servant de son arme, puisse reprendre rapidement l’exercice normal de son métier.
Le tir est considéré comme l’acte ultime d’un policier. Il fait toujours l’objet d’une enquête administrative. C’est la première conséquence, mais que devient le policier ?
En effet, des structures de soutien psychologique ont été mises en place pour les victimes, les familles, les policiers intervenus lors d’attentat… Mais on ne s’intéresse pas aux policiers qui ont tiré, le tir n’étant pas censé générer du stress, d’autant que pour les policiers, il n’est pas de bon ton de se mettre à révéler ses troubles.
Or, lorsque le policier tire, il est confronté à un évènement majeur et peut développer successivement trois types de réactions :
Une réaction aigue qui se manifeste immédiatement. Il peut d’abord être sidéré, sans réaction, sans réelle conscience de ce qui s’est passé. C’est une réaction somatique normale avec nausées, pâleur… autant de troubles physiologiques d’un trouble. Puis, il commence à’intégrer l’évènement, ce qui entraîne un ensemble de signes et réactions physiques, cognitives psychologiques, émotionnelles et comportementales et s’en sort. Un chercheur américain a estimé que 25% des policiers non accompagnés pouvaient entrer dans le stress post-traumatique.
Pendant cette seconde phase, le policier va tenter de se réorganiser mentalement et mettre en œuvre des moyens de défense. Il adopte, entre autres, des conduites d’évitement, en évitant tout ce qui peut lui rappeler l’évènement. Ces attitudes, si elles ne sont pas comprises, peuvent amener le trouble à s’installer et conduire à une modification durable de la personnalité.
Plusieurs symptômes permettent de déceler une modification de la personnalité : un retrait social, le sentiment de n’être plus le même, un manque de confiance dans les autres et en soi.
Des actions d’urgence et de préventions sont indispensables. Des formations permettant la maîtrise de l’évènement, le contrôle de soi, sont dispensées. D’autres formations plus globales, intégrant une approche psychologique commencent à voir le jour. Il reste encore à faire.
D’après l’école de Paris du management