L'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) met à disposition des entreprises une large série d'outils de mesure et de prévention des risques psychosociaux.
La guerre des experts fait rage sur la mesure du stress, alors que les partenaires sociaux vont s'atteler à la transposition en France de l'accord européen de 2004 sur la lutte contre les risques psychosociaux. Fin octobre, lors de la conférence sur les conditions de travail, le ministère du Travail a confié à Patrick Légeron, psychiatre et PDG de Stimulus (cabinet de conseil en prévention du stress), le soin d'élaborer des indicateurs de mesure du stress pour aider les entreprises.
Un choix qui a fait grincer quelques dents dans la communauté scientifique. La riposte n'a pas tardé : tandis que le rapport Légeron est attendu pour le courant du mois de février, l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) vient de publier ses propres indicateurs. Testé auprès des médecins du travail et des services santé de l'assurance-maladie, ce guide, exhaustif, propose une centaine d'indicateurs permettant de détecter les risques psychosociaux.
Des signaux d'alarme
Basés sur des données relatives au fonctionnement de l'entreprise (temps de travail, organisation, qualité du dialogue social, etc.) ou à la santé et à la sécurité (accidents du travail, maladies, etc.), les indicateurs élaborés par l'INRS démontrent qu'il est en réalité assez simple pour les dirigeants de s'appuyer sur des données déjà disponibles dans le bilan social de l'entreprise et dans les rapports des comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et de la médecine du travail.
« Le principe n'est pas de «mesurer» le niveau de stress mais de se doter d'un tableau complet de signaux d'alarme ; ce sont des outils de dépistages », explique Valérie Langevin, psychologue du travail à l'INRS. Et plus que le niveau brut des indicateurs, « ce qui donne sens, c'est leur variation dans le temps et l'accumulation ou non de signaux faibles que les entreprises sous-estiment souvent ». De tels outils doivent permettre de structurer les politiques de lutte contre le stress, jusqu'ici trop superficielles.
Un phénomène collectif
« On constate un développement de la gestion individuelle du stress, avec des techniques de relaxation ou de soutien psychologique, mais on s'attaque alors aux symptômes, pas à la cause », explique Valérie Langevin.
C'est le grand message que veut faire passer le guide de l'INRS : le stress n'est pas un phénomène individuel fonction du caractère de chacun mais bien un phénomène collectif résultant de l'organisation du travail et des relations sociales dans l'entreprise.
Source Les echos du mardi 11 décembre 2007/ Auteur D.P.